// Je vous prierais de ne pas prendre cette image. Je l'ai dessinée moi-même pendant des heures. Alors soyez sympa! Merci //
Saint-Exupéry à écrit:
Et le petit prince dit à l'homme : « Les adultes ne comprennent jamais rien à eux-mêmes et c'est fatiguant pour les enfants de toujours devoir leur expliquer les choses. »Je regarde mon réveil. Il est seulement un peu plus de 10 :00. Cela fait bien une heure que je suis réveillé et que je contemple mon plafond, allongé sur mon lit. Pourquoi est-ce que le mardi je n'ai cours que l'après-midi ? Au moins, quand je suis au lycée, j'ai quelque chose à faire. Et encore, je n'en vois pas l'intérêt. J'aurais pu en profiter pour dormir, mais je dors déjà trop.
Je lève machinalement ma main et tâte ma table de chevet à la recherche de mon portable. À quoi cela me sert ? Je sais que rien ne sera affiché. Comme tous les matins, je regarde ma boîte de réception ; elle est vide. Pas étonnant. Je fais ensuite défiler mes contacts :
'Dan', 'home', 'urgences'. Des fois je me demande pourquoi je garde mon portable, mais ma conscience me murmure alors « l'
espoir ». Je la hais, ma conscience. De toute manière, je me demande qu'est-ce que je ne hais pas. Je le balance sur mon lit et je regarde à nouveau mon plafond. Je connais toutes les moindres tâches, les moindres trous qu'il y a. Je me lasse, comme à chaque fois, de cette vision et me lève. J'arpente ma chambre, un ballon mousse à la main. Cette balle est censé calmer, mais elle m'énerve encore plus. Pourtant je la garde en main.
Je pourrais détailler ma chambre même deux ans après l'avoir quittée. Au centimètre près, à la moindre fissure que j'ai faite sur le mur en m'énervant. Les jointures de mes doigts en gardent un souvenir cuisant. Au bout d'une heure, je balance la balle en mousse contre le mur et sors de ma chambre. La maison est vide, remplie que de ce qui est indispensable. Une quantité surprenante de photos d'une jeune
femme décore la maison. Je n'en peux plus de les regarder, elles me tuent. De la voir si souriante à chaque recoins brise un peu plus ce qui reste de mon c½ur. Parfois, on peut y apercevoir un homme à ses côtés. Un homme que je connais depuis toujours, mais dont je ne sais rien à part l'antipathie qu'il me porte. Le voir heureux ne m'a été accordé qu'en photo. Je n'ai jamais entendu son rire. En plus de 17 ans.
Cette maison est vide d'émotions, seules les photos égayent un peu cette froideur. Je me demande toujours pourquoi il les laisse. Il est si peu souvent à la maison. Je le soupçonne d'en avoir mit autant pour moi. Pour me faire sentir encore plus mal. Si c'est ça, il a réussi, depuis longtemps. Il n'a jamais été violent avec moi, il sait bien que ça ne sert à rien. Il aurait pu pendant mon enfance profiter de mon manque de force pour me frapper, mais il a trouvé une arme plus puissante. L'indifférence. Je crois que c'est sa plus grande découverte. Que pouvait me faire plus mal que l'indifférence ? Moi, son fils, qu'il aurait tant souhaité ne jamais avoir.
Je marche, la tête basse, parmi ces souvenirs qui respirent ce bonheur que je n'ai jamais pu goûter, en tout cas, pas depuis très longtemps. J'entre dans la cuisine et me prépare quelque chose à manger. Je prends mon temps, je n'ai que ça à faire.
Ma vie se résume en un seul mot : le néant. Pire que le vide ou la solitude. Il n'y a rien.
Je vais ensuite dans la salle de bain et enlève mon t-shirt. Je me pose devant le miroir et sourit amèrement. Je n'ai pas à me plaindre de mon physique, j'ai eu beaucoup trop de temps pour le muscler. Mais à quoi me sert cette carapace, si personne n'est plus tenté de la percer ?
Je reste immobile et imagine mon après-midi au lycée. C'est bien simple ; personne ne fera attention à moi. Ni les intellos, trop fixés sur le fait que j'ai un physique d'athlète et encore moins les populaires, car eux m'ignore depuis déjà trop de temps pour se rappeler que j'existe.
Je me glisse dans la douche et laisse couler l'eau entre mes omoplates. Je pourrais y rester des heures, mais j'entends mon père entrer dans la maison. Je sors, me sèche et enfile un jeans par-dessus mon caleçon. Il est en train de se préparer un café, je le rejoins. Malgré le manque de communication entre nous deux, j'ai besoin de sentir une présence près de moi. La sienne. Je crois toujours au fond de moi, qu'il m'aime quand même et qu'un jour il me le dira.
Il me regarde arriver et hausse un sourcil. D'une voix glaciale, il me dit :
'Tu pourrais t'inscrire dans une équipe sportive du lycée avec le corps que tu as.'Et devant ma tête renfrognée, il rajoute :
'J'avais oublié que tu préfères être un raté.' ' Merci. ' Dis-je avec une voix rauque.
Il n'a jamais voulu comprendre que les populaires étaient des hypocrites et que je ne voulais pas leur ressembler. Il me répondait inlassablement :
'Eux, au moins, ils ont des amis.'Des amis ? Tu parles ! Ces amis-là, sont des gens avec qui tu te bourres la gueule et avec qui tu as souvent des relations sexuelles, mais dès qu'il y a un problème, tu te retrouves seul. Comme moi.... J'ai eu des amis, enfin je croyais. Mais je n'ai pas voulu les suivre dans leur débauche et ils m'ont abandonné.
'Sam, dit mon père,
si tu faisais un effort, tu pourrais être autre chose qu'un raté.'
'De toute manière, répliquai-je
, tu aurais préféré que je ne naisse pas !''Oui....'Il pose sa tasse et s'en va. Me laissant seul, encore une fois, blessé à en vomir.
Sometimes solutions aren't so simple
Sometimes good bye's the only away
And the sun will set for you
The sun will set for you